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Rapport d’activité 2016 de l’association L’EchangeHeure

1-Rappel du contexte et des objectifs de l’EchangeHeure

Ecotemps est un réseau local d’échanges de services et de savoirs, sans argent. Suivant le principe de réciprocité, chaque membre – habitant, association – tour à tour donne et reçoit un service, son compte-temps est crédité ou débité.

Le contexte économique actuel est difficile avec une raréfaction de l’emploi, et le lien social s’est affaibli, en particulier en ville. Ceci augmente le sentiment d’isolement des personnes, en particulier celles qui sont déjà fragilisées ou démunis.

Le concept des banques de temps, bien développé dans les pays anglo-saxons, est proche de celui des SEL – Systèmes d’Echanges Locaux -, qui permettent d’échanger entre personnes, grâce à des unités de temps. Avec Ecotemps on peut également échanger entre associations. L’animation d’un réseau Ecotemps se fait au travers d’un collectif, qui facilite la participation à la gouvernance des associations, et rend possible celle de services de collectivités locales et d’institutions. Au sein du réseau Ecotemps, des groupes peuvent être créés par les membres, selon leur quartier, leurs centres d’intérêt ou leurs projets.

2-Réalisations

2-1 Le projet pilote de Nanterre : historique

Sur le territoire de Nanterre, L’EchangeHeure s’est joint à quatre associations : CEAN (Consommer et Echanger Autrement à Nanterre), La Soupe aux Cailloux, Hissez Haut et Nouvelles Voies pour lancer un projet pilote de Banque de temps, dénommé Ecotemps, qui a démarré à la mi 2015, avec le support de la plateforme informatique mise à disposition par la coopérative hOurworld et francisée par L’EchangeHeure.

L’objectif du projet est de permettre à tous les habitants, aux associations, aux collectivités locales, aux institutions, d’échanger des services et savoirs comptabilisés en temps. A la fin de l’année 2015, la Banque du temps de Nanterre comprenait 100 membres et 100h avaient été échangées.

2-2 Ecotemps Nanterre en 2016

Sur les 6 premiers mois de 2016, 84 rencontres ont été tenues avec les entités locales : centres sociaux, associations, services de la ville, il en est issu :

  • la mise en place d’animations dédiées pour permettre aux habitants de se rencontrer et faire connaissance : une dizaine de « Foire aux Echangeurs », environ une par mois, dans divers locaux et même sur le Campus de l’Université…
  • de nombreuses participations aux animations propres des associations ou centres sociaux, en particulier aux Repair Cafés organisés par CEAN dans les différents quartiers : avec les centres sociaux des Acacias, Valérie Méot, Maison Pour Tous,… mais aussi aux cafés des aidants avec le CLIC de Nanterre.

Notre principal canal de communication et le plus productif reste la rencontre physique; mais nous nous appuyons aussi sur les réseaux sociaux avec un certain succès avec :

Fin 2016, Ecotemps Nanterre regroupait 300 membres dont 20 associations, 400h avaient été échangées.

2-3 Sur les autres territoires : ce qui a été fait en 2016

Courant 2016, nous avons initié des projets sur :

Fin 2016 :

  • Ecotemps Essonne comprenait 38 membres dont 5 associations, et 40h échangées,
  • Ecotemps Paris comprenait 25 membres dont 3 associations, et 20h échangées.

Afin de ne pas dénaturer le sens de la démarche Ecotemps, en changeant de territoire, les associations initiatrices de Nanterre ont élaboré une convention qui doit être signée par les nouveaux collectifs qui se forment sur les nouveaux territoires. Le respect de la convention donne droit à l’utilisation du nom, du logo Ecotemps auquel le nom du territoire est ajouté.

D’autres projets de Banques du temps peuvent être menés sans être nécessairement équivalents à un projet Ecotemps : une demande a ainsi été faite à LEchangeHeure de lancer une banque du temps pour la rénovation d’un château en Dordogne, et les jeunes d’un campus souhaitent lancer la démarche pour s’entraider, en faisant participer les associations du campus, et même les membres du corps enseignant ! Nous avons aussi été sollicités par des associations de Draveil, Nancy, Dinan, Le Pré Saint-Gervais, sans suite immédiate.

Une banque de « compensation du temps » a été mise en place pour faciliter les échanges interbanques du temps et avec les autres organisations utilisant une monnaie-temps comme les SELs (systèmes d’échange locaux).

3- Actions en cours

3-1 A Nanterre

Afin d’assurer la pérennité du projet, l’idée est de dédier des moyens au lancement de la démarche sur un territoire pendant 2 ans, puis de constituer une équipe locale qui continue à entretenir l’animation du réseau, avec les différents partenaires.

Nous sommes en phase de constitution de cette équipe et en assurons la formation. De nouvelles associations sont également contactées pour joindre le mouvement : en effet, ce sont elles qui sont ancrées sur le territoire et accèdent aux habitants via leurs adhérents.

3-2 En Essonne

Plusieurs Foires aux Echangeurs se sont tenues à Arpajon et des contacts ont été pris avec différentes entités et associations, mais le concept n’est pas facile à faire comprendre, tant que l’on n’a pas personnellement décidé d’y adhérer. Afin de motiver de nouvelles personnes, nous prévoyons d’essayer de lancer des Cafés des Bricoleurs, sur le modèle des Repair Cafés de Nanterre qui ont un succès certain. La priorité est d’élargir et renforcer le collectif d’Ecotemps Essonne.

3-3 A Paris

Plusieurs Foires aux Echangeurs se sont tenues chez ACLI, initiateur du collectif Ecotemps Paris, dans le 12ème, certaines en partenariat avec le SEL de Paris.

La démarche est en cours de déploiement dans l’ouest de Paris (15ème, 16ème et 7ème) avec le CLIC Paris Emeraude et la Plate-forme de Répit Jeanne Garnier.

De nouveaux contacts sont en cours d’approfondissement pour augmenter le spectre des activités.

3-4 Dans les autres territoires

La démarche Ecotemps est en cours d’initialisation sur les territoires de Créteil, Villejuif, et Versailles.

Des jeunes initient un projet pour une perspective de déploiement sur le campus de Saclay.

Sur tous ces nouveaux territoires, il faut prendre contact avec les associations locales afin de détecter celles qui souhaiteraient faire partie du Collectif d’initiateurs locaux.

Les montages des partenariats sur chacun des territoires restent à faire.

 4- La valeur sociale et les bénéfices

Il est évidemment trop tôt pour mesurer les bénéfices et l’impact social d’Ecotemps mais on peut d’ores et déjà présenter quelques bénéfices attendus.

  • Échanger des services sans argent (sur la base d’une heure = une heure) est un concept qui intéresse beaucoup de monde.
  • Pouvoir rendre des services correspondant à ses compétences à proximité de chez soi (soutien scolaire, jardinage, aide ponctuelle, bricolage,…) est un moyen de de garder du lien social, en particulier pour les personnes isolées, et les demandeurs d’emploi,
  • Échanger des services entre associations peut être un moyen de mieux reconnaître les bénévoles ayant participé à des actions ponctuelles en leur accordant des crédits-temps,
  • Créer des groupes est un moyen,faciliter les mises en contact. En particulier les aidants de personnes âgées et de personnes en situation de handicap peuvent trouver localement et ponctuellement des solutions lorsqu’elles ne parviennent plus à assumer leur rôle.

Quant à l’impact social et sociétal, nous considérons que la création d’activité sur le territoire est un facteur de « stabilisation » de ses habitants. Le gouvernement Britannique reconnaît que participer à une banque du temps est une activité positive pour aider les autres et soi-même ; ainsi les demandeurs d’emploi sont-ils sensibilisés au fait de participer à des échanges (à la différence d’activités strictement bénévoles).

Dans le secteur de la santé, les impacts sont très nombreux: si les aidants ont plus de facilités à se faire aider, ils seront moins stressés; si les EHPAD savent qu’ils peuvent s’appuyer sur un réseau d’aidants plus large, leur pensionnaires iront mieux; si les hôpitaux savent qu’ils peuvent trouver des ressources bénévoles pour prendre en charge un patient solitaire à la fin de son séjour pour le ramener chez lui, ils seront plus efficaces, etc…

Dans les quartiers, amener les gens à se rencontrer, à se connaître grâce à des animations, à se faire confiance en s’échangeant des services est un moyen économique de lutter contre la délinquance. Cela ne peut réussir sur le long terme qu’en s’appuyant sur des associations implantées localement qui vont constituer le collectif autour duquel se construira la Banque du Temps.

5- Perspectives

Pour 2017, nous avons 3 objectifs :

–  Consolider ce qui a été lancé : Faire que chaque Ecotemps se développe et devienne autonome. C’est déjà pratiquement le cas à Nanterre où l’équipe locale a pris le relais et où nous intervenons moins fréquemment. Sur les autres projets, il y a par contre beaucoup de travail pour renforcer le noyau d’associations des collectifs de fondateurs, organiser des événements et augmenter les échanges, se faire connaître, etc.

–  Améliorer notre fonctionnement et: nos méthodes de travail :  Aujourd’hui nous sommes trois « opérationnels » au CA de l’EchangeHeure : Irina et Jean à temps plus que plein et Jean Paul à 1/3 temps. L’avantage de cette petite taille est que nous arrivons facilement à nous répartir les tâches. L’inconvénient est que nous avons du mal à tout suivre et à tout faire aussi bien que nous le voudrions. Il est donc impératif que nous recrutions un ou deux bénévoles pour nous renforcer. Nous allons lancer une recherche sur des sites spécialisés mais nous sommes largement ouverts à toute solution qui proviendrait de nos adhérents.

Renforcer notre communication : Nous ne sommes pas suffisamment visibles dans notre secteur et insuffisamment connus dans le monde des associations locales qui est notre priorité car c’est de là que viennent les personnes qui échangent et celles qui peuvent jouer un rôle d’animation. Nous avons donc décidé de nous faire aider en nous appuyant sur des experts proposés par l’association Passerelles et Compétences pour travailler sur trois axes : notre site internet, les pages de chaque territoire, les réseaux sociaux – Facebook, Twitter –  (au niveau global et au niveau territorial).

 6- Partenariats

Nous ne pourrions pas travailler sans nos partenaires :

6-1 Partenaires financiers

  • Région Ile de France en 2015/2016/2017 (banque du temps des aidants)
  • Mairie de Nanterre en 2015
  • CAF Val de Marne pour Villejuif en 2016
  • Département du Val de Marne en 2017, dans le cadre du Prix de projets ESS
  • Réserve Parlementaire Jacqueline Fraisse en 2017
  • Fondation GroupeUp Chèques Déjeuner en 2016
  • Entreprises d’aide au maintien à domicile des personnes âgées : M&D, Assidom en 2016

6-2 Autres partenaires :

Nous avons également d’autres partenaires qui jouent un rôle essentiel dans notre fonctionnement :

  • Nouvelles Voies dans un premier temps sur 2016-2017 pour développer des banque du temps grâce à son implantation locale, mettant en œuvre notamment le concept de banque du temps des aidants. Ce partenariat s’est concrétisé par le détachement d’un salarié.
  • Concordia qui s’est occupé de la gestion de nos Services Civiques.
  • Mouvement SOL auquel nous sommes affiliés et qui nous permet de mieux comprendre et nous faire connaître dans le monde des monnaies complémentaires.
  • TBUK (Timebanking UK) : Réunion de la plus grande partie des banques du temps au Royaume Uni. Il s’agit d’une grosse structure qui nous donne une idée de ce qu’on peut faire notamment auprès des institutions. Leurs publications sont très intéressantes et ils montrent grâce à Facebook les innombrables possibilités d’actions des banques du temps.
  • hOurworld : la coopérative qui réalise et exploite le logiciel que nous utilisons pour gérer les échanges. Ils sont installés dans le Maine et en Californie aux Etats Unis et avec très peu de moyens réussissent à faire vivre ce produit. Nous espérons pouvoir nous impliquer également dans son évolution.