F.A.Q.

Qu’est-ce qu’un « Echange » ?

Un « Echange » est une organisation qui réunit des personnes qui veulent échanger des services avec d’autres personnes d’un « territoire » (une commune, une agglomération, un ou plusieurs canton), ou avec des personnes qui ont un sujet d’intérêt commun où qu’elles soient. Les membres d’un Echange ne se limitent pas à se rendre des services réciproques. Ils partagent des activités communes, organisent des événements, mènent des projets associant une variété de personnes et d’associations dans le domaine, social, culture, éducation, santé, bien-être, sport, environnement, cadre de vie, etc …

Troquer ou échanger des services: est-ce que c’est pareil ?

Non. Le troc est basé sur une relation entre deux personnes précises, et les objets ou services échangés sont estimés en fonction de leur valeur en monnaie officielle en Euro, Franc Suisse ou autre. Dans l’économie de l’échange que nous proposons, la valeur des services est estimée en fonction du temps, pas de l’argent. Chaque heure de service est évaluée de la même façon, et les services peuvent être échangées dans un réseau, pas seulement entre deux personnes.

Que puis-je faire avec les heures qui j’obtiens en échange de services que je rends ?

Recherchez parmi les offres de services postées par les membres de votre Echange des activités qui  vous intéressent, des rêves que vous n’avez pas encore réalisés. Par exemple, une personne du voisinage peut vous aider pour le travail à la maison des enfants après l’école, vous pouvez découvrir les médecines douces ou le Feng Shui, vous faire aider pour déplacer des meubles ou ranger, découvrir une langue étrangère, mieux utiliser  l’Internet, développer votre savoir en jardinage, …

Peut-on rendre un service sans demander d’heures en contrepartie ?

Oui, bien sûr. Chacun est libre de faire un don à une autre personne s’il le souhaite. Plus il y a d’échanges de services, plus les occasions de donner sans contrepartie seront nombreuses. L’Echange a pour finalité principale de nouer ou renouer des liens de proximité. Donner peut renforcer ces liens encore plus.

J’ai envie de rendre service, mais que faire si je n’ai pas de besoin ?

Bravo pour votre désir de rendre des services et de donner de votre temps. Mais votre participation à l’Echange sera complète quand vous aussi vous « recevrez ». La réciprocité est un élément de l’égalité entre les membres de l’Echange. Regardez bien, il y a certainement un service qui peut vous être utile ou qui vous fera découvrir des activités auxquelles vous n’avez jamais pensé.

Les banques de temps sont-elles très répandues ?

Il existe des systèmes d’échanges de services dans de nombreux pays, de toutes tailles. Chacun a ses propres buts et ses propres modalités de fonctionnement, choisies par les créateurs. Souvent elles ne s’appellent pas « banque de temps » pour éviter toute confusion avec les banques de l’économie marchande. Comme vous le savez, nous ne pouvons pas mélanger légalement la monnaie temps (l’heure) que nous utilisons pour les échanges, et la monnaie officielle (l’euro, le dollar, …).

Actuellement chaque grand pays compte plusieurs centaines de banques de temps. C’est le cas en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis. En France, les Accorderies (15 aujourd’hui) sont de véritables organisations d’échange de services contre du temps. Les « SEL », Systèmes d’Echanges Locaux, permettent d’échanger non seulement des services mais aussi des objets. Il y a plus de 400 SEL en France.

Banque de temps, LETS, SEL, Echange, qu’est-ce que c’est ?

La première banque de temps est né aux Etats-Unis au début des années 1980. A l’époque, Edgar Cahn, l’inspirateur du mouvement des banques de temps, a donné à sa monnaie-temps le nom de « Time Dollar ». Les membres d’une banque de temps échangent des services non marchands contre du temps en appliquant le principe « une heure égale une heure« .

Le premier Local Exchange Trading System (LETS) est aussi apparu au début des années 1980, au Canada. Un LETS est un système organisé par un groupe de personnes appartenant à une petite communauté, qui se mettent d’accord pour échanger des biens et des services entre eux sans argent liquide. La valeur des échanges, mesurée en monnaie officielle, circule d’une personne à l’autre par des comptes qui sont débités et crédités.

Ainsi la monnaie utilisée pour valoriser les échanges distingue fondamentalement la banque de temps du LETS : le temps pour la première, la monnaie officielle pour les seconds.

Les SELs français, systèmes d’échange locaux, sont apparentés aux LETS : ils échangent des biens et des services. Le premier SEL français a été créé dans l’Ariège en 1994. Cependant, contrairement aux LETS, les SELs écartent toute référence à l’euro : les échanges doivent se différencier sans ambiguïté d’une transaction commerciale pour des raisons réglementaires et fiscales. Les monnaies utilisées portent des noms comme Plume, Lauze, Galet, Grain, Caillou, Piaf, … Pour faciliter les échanges de service, une unité de la monnaie vaut une minute du temps d’une personne.

Le nom Echange est souvent donné à l’organisation qui gère une banque de temps.

Mon compte à la banque de temps peut-il être débiteur ?

Oui. Mais les règles pour les comptes des membres sont définies par chaque banque de temps. Toutes autorisent qu’un compte soit débiteur. Nous recommandons que le montant débiteur ne dépasse pas 25 heures. La même règle s’applique aux comptes créditeurs. Car si les membres ne faisaient que rendre des services et gagner des heures, il n’y aurait pas de flux de monnaie. Il est important de dépenser aussi bien que de gagner des heures.

Les professionnels peuvent-ils échanger des services contre du temps ?

Oui. Il y a beaucoup d’espace pour que chacun échange des services, se sente égal … donne également … reçoivent également. Ce qui est merveilleux dans l’échange tel que nous le proposons, c’est qu’il n’y a plus de hiérarchie dans la classification des services que l’on peut se rendre.

Une limite légale: les professionnels ne doivent pas rendre des services dans leur champ de compétence. La loi impose que les services professionnels soient fournis en contrepartie d’un paiement dans la monnaie que nous utilisons tous les jours pour payer la nourriture, le loyer, les transports, etc. Sur ces paiements en monnaie officielle, les professionnels doivent acquitter les taxes et les cotisations habituelles.

Est-ce que l’économie du temps est une menace pour le commerce et l’économie marchande ?

Non.Pourquoi cela serait ainsi ? La monnaie temps est une monnaie complémentaire. Les commerces et les services professionnels ne peuvent pas être concurrencés par des services  fournis en échange de la monnaie temps. Beaucoup d’entreprises comprennent l’intérêt d’adhérer à la banque de temps pour se faire connaître, participer à l’animation locale dont elles bénéficient, fidéliser leurs clients.

Nous ne nous concurrençons pas, nous coopérons, chacun dans son domaine d’activité.

Donc les entreprises, les commerces et les professionnels peuvent être membres ?

Oui, bien sûr !

Et les associations aussi peuvent adhérer ?

Evidemment ! Les associations à but non lucratif proposent et fournissent des services. C’est la même règle qui s’applique pour n’importe quel adhérent. Chacun peut rentrer dans ce modèle … chacun !

Et les collectivités locales … peuvent-elles adhérer ?

Oui. Aussi. Et elles peuvent trouver de nombreux avantages à utiliser le système d’échanges. Par exemple pour encourager la participation des habitants et des associations à des activités qui bénéficient à tous, ou encore pour récompenser les personnes qui s’impliquent dans les conseils de quartiers ou dans des projets, remercier les associations qui s’engagent pour animer ou améliorer le cadre de vie.

Quelles protections sont en place pour couvrir les réclamations envers une banque de temps ?

En adhérant, les membres s’engagent à faire en sorte que l’échange ne cause aucun dommage à la propriété, aux biens ou à la personne, et à tout faire pour que le service fourni donne satisfaction. Nous demandons aussi aux membres de souscrire une assurance responsabilité civile. Très souvent pour les personnes physiques, cette assurance est incluse dans l’ « Assurance Multigaranties Vie Privée » même si vous ne le savez pas. Pour les associations, les entreprises et les professionnels, l’assurance responsabilité civile est obligatoire en France.

Le coordinateur de la banque de temps est-il payé ?

C’est à chaque banque de temps de décider si le coordinateur doit être rémunéré. Lorsqu’une banque de temps atteint un nombre d’adhérents suffisant, par exemple 100 ou plus, nous recommandons que son coordinateur soit salarié.

Faut-il payer des impôts pour échanger un service contre du temps ?

Les membres d’une banque de temps s’entraident, échangent des services amicaux ou de proximité qui tous sont non commerciaux. Le but des échanges et des contreparties en monnaie-temps est d’améliorer la vie quotidienne et le cadre de vie, d’encourager la participation de tous à des activités au bénéfice de la collectivité. Il n’est pas possible d’échanger la monnaie temps contre la monnaie officielle. C’est pour cela que les heures reçues ne donnent pas lieu au paiements d’impôts – impôt sur le revenu ou TVA (arrêt de la cour d’Appel de Toulouse n°98-00166 du 17 septembre 1998). Les services que sont susceptibles de se rendre des voisins ou amis ne sont pas considérés comme des rémunérations en nature (Cour de cassation, arrêt n° 64-14237 du 19/12/1968).